chron'open
Le site de
l'ère open du tennis
Roland-Garros
Les Internationaux de France
ROLAND-GARROS 2004
terre battue
Un tournoi un peu fou, avec des
renversements de situation invraisemblables, comme dans cette finale
où Gaston Gaudio est consacré après avoir écarté
deux balles de match.
- du 24 mai au 6 juin 2004 -
tournée préparatoire |
Monte Carlo Masters Series |
Barcelone |
Rome Masters Series |
Hambourg Masters Series |
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Absent : Blake, Nadal
Météo : un temps tout à fait acceptable. Les
attaquants ont été gênés par
l'humidité, mais il n'a pas plu, et le programmes a
été peu perturbé.
Roger Federer est incontestablement l'homme fort de ces derniers mois.
Difficile de ne pas voir dans le Suisse le principal favori. Mais les
Espagnols Ferrero et Moya, ainsi que les Argentins Coria et Nalbandian
ne l'entendent pas de cette oreille.
Têtes de série (TS) |
1 Roger Federer |
5 Carlos Moya |
9 Tim Henman |
13 Paradorn Srichaphan |
2 Andy Roddick |
6 Andre Agassi |
10 Sébastien Grosjean |
14 Jiri Novak |
3 Guillermo Coria |
7 Rainer Schüttler |
11 Nicolas Massu |
15 Sjeng Schalken |
4 Juan Carlos Ferrero |
8 David Nalbandian |
12 Lleyton Hewitt |
16 Fernando Gonzalez |
17 Tommy Robredo |
21 Andreï Pavel |
25 Ivan Ljubicic |
29 Max Mirnyi |
18 Mark Philippoussis |
22 Juan Ignacio Chela |
26 Albert Costa |
30 Mariano Zabaleta |
19 Martin Verkerk |
23 Feliciano Lopez |
27 Vincent Spadea |
31 Dominik Hrbaty |
20 Marat Safin |
24 Jonas Björkman |
28 Gustavo Kuerten |
32 Arnaud Clément |
Le tableau du simple messieurs
premier tour
Almagro a bien failli sortir Kuerten de "son" tournoi dès le
premier tour. L'Espagnol a servi pour le match dans la dernière
manche, mais il a été rattreapé par sa
fébrilité au moment de conclure. Le score de ce match
marathon : 7/5 7/6 1/6 3/6 7/5.
Florent Serra a eu 9 balles de match, oui, neuf ! contre Vince Spadea,
mais il n'en a converti aucune, pas même à 40/0 sur son
service, commettant alors deux doubles-fautes. Il a auparavant
mené 5/1 dans la dernière manche. L'Américain
s'est imposé 7/5 1/6 4/6 7/6 9/7.

Tim Henman, peu habitué à briller ici, sent que ce n'est
pas encore cette année qu'il va faire des merveilles à
Roland-Garros. D'autant plus qu'il souffre d'un virus contracté
à Hambourg quelques jours plus tôt. Mais il remonte deux
sets à Cyril Saulnier et se qualifie : 4/6 4/6 7/6 6/4 6/3.
Fabrice Santoro et Arnaud Clément se livrent le plus long match
de l'histoire du tennis ! La rencontre a duré 6h33, sur deux
jours, et fut interrompue par la nuit après 4h39 de jeu. Les
joueurs en étaient alors à 5/5 dans la dernière
manche. Une dernière manche qui durera près de 3 heures
en tout ! C'est
Santoro qui s'impose en sauvant au passage deux balles de match : 6/4
6/3 6/7 3/6 16/14.


Lleyton Hewitt est un
adversaire bien coriace pour célébrer le retour d'Arnaud
Di Pasquale à la compétition. Le Français
retrouvait le Grand Chelem qu'il avait quitté à l'Open
d'Australie 2003, contraint de suspendre sa carrière à
cause d'une hernie discale. L'Australien gagne, mais c'est presque
anecdotique dans ce contexte de remise en jambes pour le
Français : 6/0 7/6 4/6 6/1.

Andre Agassi est
sèchement battu dès l'entame de son tournoi par un
qualifié, de 2ème série en France, 271ème
mondial, Jérôme Haehnel :
6/4 7/6 6/3. Haehnel jouait là son premier match sur le grand
circuit ! La pire défaite d'une belle et longue
carrière, mais chacun sent que pour le vainqueur de
l'édition 1999, c'est peut-être le moment
de raccrocher la raquette.

deuxième tour
Grosse
désillusion pour Sébastien Grosjean, défait
d'entrée par le modeste joueur italien Potito Starace : 7/6 6/3
6/4.
Les matchs entre
Français et Américains tournent à l'avantage de
ceux-là, puisque après Agassi battu par Haehnel, c'est
maintenant Andy
Roddick qui cède devant Olivier Mutis 3/6 6/3 6/7 6/3 6/2.
Il n'y a
déjà plus aucun joueur des Etats-Unis à l'issue du
deuxième tour.
Pareille débâcle américaine
n'était jamais arrivée, si l'on excepte bien entendu
l'Open d'Australie 1973, où aucun joueur n'était venu
défendre la
bannière étoilée.

Le tenant du titre Juan Carlos Ferrero, amoindri par une varicelle et
une suite de blessures qui ont gêné sa préparation,
ne peut pas rivaliser avec le Russe Igor Andreev, qui a raison d'en
profiter : 6/4 6/2 6/3.
Mais qu'est-ce qui est passé par la tête de Marat Safin ?
Face à Felix Mantilla, et devant les 3500 spectateurs ahuris du
court n°1, le Russe baisse son short à la fin d'un
échange magnifique. Curieuse façon tout de même de faire
partager sa joie après avoir pris ce point ! Par ailleurs, Safin
est passé à un point de la défaite,
mais c'est Mantilla qui sort, lui qui à trois reprises a servi pour le match : 6/4 2/6 6/2 6/7 11/9. Le
strip-tease de Marat, survenu alors qu'il avait
déjà écopé d'un avertissement pour avoir détruit une
raquette, lui a coûté un point de
pénalité.

Belle performance pour le Bressan Julien Benneteau, qui dispose de l'Espagnol David Ferrer 6/3 1/6 6/2 7/5.

Résultats
:
Federer bat Kiefer 6/3 6/4 7/6
Kuerten bat Elseneer 6/2 6/0 6/3
Lopez bat Kucera 6/7 6/3 6/4 6/4
Lee bat Patience 6/4 6/4 6/3
Starace bat Grosjean 7/6 6/3 6/4
Safin bat Mantilla 6/4 2/6 6/2 6/7 11/9
Koubek bat Ljubicic 6/0 1/6 6/4 6/2
Nalbandian bat Falla 5/7 6/0 6/2 6/0
Andreev bat Ferrero 6/4 6/2 6/3
Benneteau bat Ferrer 6/3 1/6 6/2 7/5
Enqvist bat Björkman 6/3 3/6 7/6 6/3
Gaudio bat Novak 6/2 4/6 4/6 7/5 6/3
L. Hewitt bat Melzer 6/4 6/4 4/6 6/2
Verkerk bat Hanescu 4/6 6/3 3/6 6/0 3/0 ab.
A. Costa bat C. Rochus 6/1 6/2 7/5
Malisse bat Elsner 6/3 4/0 ab. |
Moya bat Vicente 6/1 6/2 6/1
Sluiter bat Hrbaty 6/4 6/4 3/6 7/6
Robredo bat Garcia-Lopez 6/4 3/6 7/5 6/4
Massu bat Voltchkov 6/3 6/1 6/0
Escudé bat F. Mayer 6/4 6/3 6/4
Youzhny bat Pavel 6/7 7/6 1/6 7/6 6/2
Ancic bat Zabaleta 6/3 6/4 3/6 6/4
Coria bat Monaco 7/5 6/1 6/3
Llodra bat Haehnel 6/3 6/2 3/6 6/1
Jeanpierre bat Spadea 6/4 6/2 7/5
Blanco bat Horna 2/6 6/4 1/6 6/2 6/3
Henman bat Burgsmüller 6/0 6/3 6/3
Corretja bat Srichaphan 6/4 7/5 6/3
Chela bat Verdasco 7/5 6/2 6/2
Santoro bat Labadze 6/4 3/6 2/6 6/1 6/2
Mutis bat Roddick 3/6 6/3 6/7 6/3 6/2 |
troisième tour
Gustavo Kuerten terrasse le nouveau numéro 1 mondial, Roger
Federer : 6/4 6/4 6/4. Le Suisse a été surclassé
dans un match où il avait une grosse cote, face à un
Kuerten vieillissant et constamment harcelé depuis deux ans par
des pépins physiques. La tactique du Brésilien, qui
consistait à pilonner le revers de l'adversaire en jouant assez
profond pour le maintenir en fond de court, a été payante.

Olivier Mutis poursuit sa belle aventure. Il élimine avec
panache son compatriote Fabrice Santoro : 6/0 6/2 6/3. Un
Santoro sans doute atteint physiquement après ses deux
premiers tours, qui lui firent passer près de 10 heures sur le
court !

Safin est un vrai "survivor" puisqu'il sauve encore des balles de match contre Potito Starace : 6/7 6/4 3/6 7/5 7/5.

Le Belge Xavier
Malisse sauve deux balles de match contre Albert Costa dans le
4ème set, puis le match est interrompu par un ciel trop obscur.
Le lendemain, l'Espagnol a encore une formidable occasion de conclure
en servant pour le match dans la dernière manche. Mais en vain.
Malisse gagne 6/4 2/6 4/6 7/6 8/6.


Résultats
:
Kuerten bat Federer 6/4 6/4 6/4
Lopez bat Lee 7/6 4/6 6/0 6/3
Safin bat Starace 6/7 6/4 3/6 7/5 7/5
Nalbandian bat Koubek 6/7 6/3 7/6 7/5
Andreev bat Benneteau 7/6 7/6 6/3
Gaudio bat Enqvist 6/0 6/4 6/7 6/4
L. Hewitt bat Verkerk 6/2 3/6 4/6 6/2 6/1
Malisse bat A. Costa 6/4 2/6 4/6 7/6 8/6
Moya bat Sluiter 6/0 6/3 6/4
Robredo bat Massu 6/2 6/0 6/2
Escudé bat Youzhny 6/2 7/5 6/7 6/2
Coria bat Ancic 6/3 6/1 6/2
Llodra bat Jeapierre 6/2 6/2 6/3
Henman bat Blanco 7/6 6/1 6/2
Chela bat Corretja 6/4 6/4 4/6 6/3
Mutis bat Santoro 6/0 6/2 6/3
huitièmes
Pas de veine pour Nicolas Escudé, jusqu'ici assez convaincant
dans son tournoi. Seul Youzhny avait réussi à lui
arracher un set. Mais contre Guillermo Coria, il est victime d'une
tendinite à l'épaule droite : 6/0 ab.
Michaël Llodra passe tout près de son premier quart de finale en
Grand Chelem. Il mène deux manches à rien contre Tim
Henman, et laisse échapper une balle de match, avant
que l'Anglais retourne le match en sa faveur : 6/7 4/6 6/4 6/3
9/7. C'est la seconde fois que Henman remonte un tel handicap, et
encore contre un Français.

Lleyton Hewitt bat Xavier Malisse 7/5 6/2 7/6. Le Belge a manqué cinq balles de set dans le tie-break.

Safin doit encore sauver une balle de match face à l'Argentin
Nalbandian, et cette fois, il échoue ! Mais la bagarre fut belle
entre les deux hommes : 7/5 6/4 6/7 6/3. Le Russe a accumulé les ampoules sur les mains, onze au total, trop c'est trop !


Résultats
:
Kuerten bat Lopez 6/3 7/5 6/4
Nalbandian bat Safin 7/5 6/4 6/7 6/3
Gaudio bat Andreev 6/4 7/5 6/3
L. Hewitt bat Malisse 7/5 6/2 7/6
Moya bat Robredo 7/6 6/4 6/2
Coria bat Escudé 6/0 ab.
Henman bat Llodra 6/7 4/6 6/4 6/3 9/7
Chela bat Mutis 4/6 6/2 7/6 6/2
quarts
Il y aura donc quatre joueurs argentins en quarts de finale des Internationaux de France ! C'est évidemment un record.
"Guga" Kuerten croule sous le poids de la fatigue, et les massages de
son kiné ne suffisent plus pour faire jeu égal avec son
adversaire du jour, David Nalbandian : 6/2 3/6 6/4 7/6.
La grosse affiche de ces quarts oppose Carlos Moya à Guillermo
Coria. Moya prend à chaque fois le meilleur départ dans
les deux premières manches, servant pour le set à chaque
fois, mais l'Argentin réagit superbement à chaque fois,
et s'impose en trois sets secs : 7/5 7/6 6/3.
Gaston Gaudio passe l'obstacle Hewitt. Une étonnante promenade
de santé face à un poids lourd du circuit : 6/3 6/2 6/2.

Surprenant Tim Henman, plus à l'aise sur herbe, qui bat Juan
Ignacio Chela facilement 6/2 6/4 6/4 et se qualifie donc pour les
demi-finales, ce qu'aucun Anglais n'avait réussi depuis Mike
Sangster en 1963. Chela sera donc le seul Argentin à s'incliner au stade des quarts de finale.

Résultats
:
Nalbandian bat Kuerten 6/2 3/6 6/4 7/6
Gaudio bat L. Hewitt 6/3 6/2 6/2
Coria bat Moya 7/5 7/6 6/3
Henman bat Chela 6/2 6/4 6/4
demis
Une erreur d'arbitrage très rare à ce niveau est survenue
dans la première demi-finale entre David Nalbandian et Gaston Gaudio :
pendant le tie-break du 2ème set, Gaudio sert
"côté égalité" alors que le score est
impair : 5/2 Gaudio. Personne ne s'en émeut et c'est le serveur
qui marque. Au point suivant, Gaudio s'apprête dans son
élan à servir "côté avantage". Cette fois
son adversaire s'aperçoit du décalage et demande à
rejouer le point qu'il vient de perdre. mais l'arbitre refuse,
s'appuyant sur le principe que tout point joué est
définitivement attribué. Dans la foulée,
Nalbandian sauvera trois balles de set sur les quatre
et perdra donc le tie-break 7/5. D'une manière
générale, Nalbandian se laisse surprendre par le
magnifique revers de son compatriote. Gaston Gaudio le fait plier
et accède à sa première finale d'un tournoi majeur
: 6/3 7/6 6/0. "El Gato" est ému aux larmes.
C'est Tim Henman, un peu à la surprise générale,
qui prend le meilleur départ face à Coria. Il mène
6/3 4/2, avant de sombrer pendant trois quarts d'heure, le temps
d'encaisser la bagatelle de 13 jeux d'affilée ! Coria finit le
match en patron : 3/6 6/4 6/0 7/5.


Résultats
:
Gaudio bat Nalbandian 6/3 7/6 6/0
Coria bat Henman 3/6 6/4 6/0 7/5
finale
arbitrée par Cédric Mourier
Une finale 100%
argentine, ce n'est jamais arrivé en Grand Chelem. A Paris, la
dernière fois que deux compatriotes s'étaient
rencontrés en finale remonte à 2002, ce qui est donc
récent. Mais en fait, seuls les Espagnols sont à l'aise
pour organiser ces luttes fratricides, puisqu'ils y sont parvenus trois
fois en moins de 10 ans (1994, 1998, 2002). C'est arrivé
très rarement avant la vague espagnole : en 1991 entre
Américains, et les deux premières éditions de
l'ère open, à une époque où l'Australie
était seule au monde sur la planète tennis (1968 et
1969).
Coria, 3ème joueur mondial et grand favori de cette finale
attaque ce match de gala avec autorité et fait cavalier seul
pendant plus de deux sets. Mais il faut en gagner trois.

Au début de la troisième manche, le public a lancé
une ola géante dans les tribunes du court
Philippe-Chatrier, et Gaudio, peut-être pour oublier sa
déroute, a ainsi communié avec les spectateurs. Aussi
étonnant que cela puisse paraître, cette coupure dans le
match a redonné des ailes à celui qui semblait hors du
coup depuis plus d'une heure. Gaudio qui avait complètement raté sa
mise en route, renverse la vapeur. Le match a changé d'âme :
0/6 3/6 6/4 6/1 8/6 après 3h30 de jeu.
Une finale où le vainqueur remonte un handicap de deux sets,
c'est évidemment aussi rare que spectaculaire. Pareil
scénario n'était plus arrivé à Roland
depuis Agassi-Medvedev en 1999. Avant cela, on a eu droit à
Borg-Orantès en 1974 et Lendl-McEnroe en 1984.
Coria a laissé passer deux balles de match dans
la cinquième manche, qu'il gâcha avec deux erreurs grossières. Que de fautes directes de part et d'autre
sur ce dernier set. Sur le court Philippe-Chatrier, on a
vendangé avec trois mois d'avance ! Les crampes que Coria a
commencé à ressentir
dans le quatrième set ont lourdement pesé sur le
résultat. Dans l'ère open, aucun vainqueur n'avait
jusqu'alors eu à sauver une balle de match dans l'ultime
rencontre d'un tournoi du Grand Chelem. La dernière fois que
cela se produisit, c'était en 1960 à l'Open d'Australie.


Guillermo Vilas,
dernier Argentin victorieux ici, s'est enfin trouvé un
héritier. Les organisateurs ont offert un plateau protocolaire
particulièrement prestigieux, puisque John McEnroe aussi
était venu féliciter les deux finalistes.



Résultats
:
Gaudio bat Coria 0/6 3/6 6/4 6/1 8/6
Prix citron : David Nalbandian
Prix orange : Amélie Mauresmo et Gustavo Kuerten
Prix bourgeon : Tatiana Golovin
Dans la finale dames, Anastasia Myskina la Russe bat sa compatriote Elena Dementieva.

Oliver Rochus et Xavier Malisse remportent la finale du
double messieurs. Ils battent la paire française Llodra-Santoro,
qui au passage, a sorti les jumeaux Bryan en demi-finale.
Mais d'autres Français ont brillé à Roland-Garros
cette année : Richard Gasquet et Tatiana Golovin se sont
associés pour remporter le double mixte : une belle façon
de se rattraper de leur défaite au premier tour du simple.

Et un autre cocorico avec Gaël Monfils, qui remporte le tournoi
juniors. Après son triomphe à Melbourne en début
d'année, Monfils peut encore viser le Grand Chelem !

© 2007