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l'ère open du tennis
Roland-Garros
Les Internationaux de
France
ROLAND-GARROS
1988
terre battue
Mats Wilander
remporte un troisième titre à
Roland-Garros. Henri Leconte réalise un beau parcours avant
de
terminer sur une fausse note en finale.
- du 23
mai au 5 juin 1988 -
les absents :
météo :
NB : les droits de retransmission à la
télévision
française sont perdus par TF1 au profit du service public
(Antenne 2 et FR3). Les deux chaînes assurent une couverture
quasi-totale de l'événement en diffusant les
rencontres
disputées sur des courts différents. Le
téléspectateur peut zapper entre les deux
chaînes.
premier
tour
Henri Leconte manque de peu la sortie
prématurée. Il lui
faut revenir de deux manches à une face au
qualifié
australien Youl : 6/3 4/6 6/7 6/4 6/3.

Le
pauvre Benhabilès n'a pas sa réussite de l'année
précédente, où il avait passé trois tours
avec brio. Cette fois, l'invité des organisateurs est cueilli
à froid par Paul Annacone : 6/3 6/3 6/4.
deuxième
tour
Riton
continue de procurer des sueurs froides à ses
supporters. Parti pour s'imposer facilement face à un
qualifié, le deuxième qu'il rencontre en deux tours, le Yougoslave Oresar, il se complique la
tâche
en se laissant embarquer dans un cinquième set : 6/1 6/0 6/7
1/6
6/2.
Gros
match entre Pat Cash l'herbivore et Javier le cadet de la famille
Sanchez. L'Australien sort les tripes pour terrasser l'Espagnol : 6/3
3/6 4/6 6/2 6/3.

troisième
tour
Comme l'an passé, Thierry Tulasne se casse les dents sur Lendl au troisième tour : 6/3 7/6 6/2.
John McEnroe déploie
son génie pour
dominer son jeune compatriote Michael Chang qui ne voit pas le jour :
6/0 6/3 6/1.
Péniblement,
Yannick Noah parvient à se
défaire du Suisse Jakob Hlasek : 6/4 6/4 6/7 6/3.

C'est presque une surprise de voir Boris Becker, toujours moins à son aise sur terre, se
défaire de l'Autrichien Thomas Muster, dont on attendait beaucoup cette
année : 6/1 4/6 7/5 6/3.
Guy Forget souffre face au terrien par excellence, l'Espagnol Emilio Sanchez, qui s'impose en quatre sets : 6/4 6/4 3/6 6/4.

Mats
Wilander s'en sort de justesse. Le Yougoslave Zvobodan
Zivojinovic
avait mené 5/2 dans l'ultime manche : 6/2 6/7 3/6 6/3 7/5.
huitièmes
L'affiche de ces
huitièmes oppose McEnroe
à Lendl. Les deux rivaux des années 80
s'affrontent pour
la 28ème fois. L'Américain, tête de
série
n°16, aurait pu mener deux manches à rien si
l'arbitre lui avait donné gagnante cette
volée
pleine ligne à 5/3 pour Lendl dans le tie-break. McEnroe
aurait
alors servi deux fois. Mais il faut rejouer le point puisque l'arbitre
a "overrulé" l'annonce de son juge de ligne. Et
là c'est
le Tchécoslovaque qui gagne le point : trois balles de set !
Sur
la première, l'arbitre se trompe et valide le passing de
coup
droit de Lendl. Cette nouvelle erreur d'appréciation
coûte
le point - et le deuxième set - à McEnroe. Le
génial gaucher est écoeuré, conteste
longuement,
provoquant une bronca du public qui se retourne contre Lendl. Puis le
jeu reprend, mais Big Mac n'y croit plus. Le match est interrompu par
la nuit et le lendemain, le n°1 mondial s'impose au terme de ce
beau combat : 6/7 7/6 6/4 6/4.
Jonas Svensson a attaqué
à outrance,
presque contre
nature, pour venir à bout du "lifteur fou", son compatriote
Kent
Carlsson : 5/7 7/6 1/6 6/4 6/2.

Pat Cash cède face à Andreï Chesnokov : 2/6 6/2 6/4 6/3.

Armé
d'un bras gauche
dévastateur,
Henri Leconte signe
une belle performance en venant à bout de Boris Becker en
cinq
sets : 6/7 6/3 6/1 5/7 6/4.
Yannick
Noah, quant à lui, l'autre
Français encore en
lice, il est battu à la régulière par
Emilio
Sanchez : 4/6 6/3 6/7 6/2 6/2. La fin de match a
été un
calvaire pour le lauréat 1983, harcelé par
sa
tendinite au genou.
Andre Agassi, 18 ans, se qualifie pour son premier quart de finale
en Grand Chelem. Il est victorieux du Suédois Magnus Gustafsson
: 6/4 6/2 4/6 6/0.
Stefan Edberg est vaincu par Perez-Roldan : 7/5 6/3 6/3.
quarts
Coup de théâtre avec
l'élimination du double
ternant du titre Ivan Lendl, dompté par le
Suédois Jonas
Svensson : 7/6 7/5 6/2.
Leconte,
avec son bras gauche magique, bat
aisément
Andreï Chesnokov : 6/3 6/2 7/6.
Wilander
souffre mais finit par terrasser Emilio
Sanchez : 6/7 7/6 6/3 6/4.
On le compare déjà à son
illustre
aîné Jimmy Connors, notamment pour la
pureté de son
revers à plat. Andre Agassi, la
révélation de ce
tournoi, ne laisse aucune chance à l'Argentin Guillermo
Perez-Roldan : 6/2 6/2 6/4.
demis
Henri Leconte ne se laisse pas
piéger par Jonas Svensson : 7/6 6/2 6/3.
Andre
Agassi, l'Américain au short en jean, aura
été la grande séduction de la
quinzaine, parce
qu'il est sympa, fait le show, applaudit les points de son adversaire,
et aussi bien entendu parce qu'il est efficace. Mais cette fois le
redoutable coup droit du "kid de Las Vegas" ne suffit pas et Agassi
s'incline devant
l'expérimenté Mats Wilander, dans le
cinquième set : 4/6 6/2 7/5 5/7 6/0.
finale
Une finale avec un
Français, c'est tellement rare, alors pour
fêter les soixante ans du stade Roland-Garros,
les organisateurs déroulent un tapis rouge
à Henri
Leconte, avec un par-terre de stars, dont Michel Sardou, qui
interprète une Marseillaise "a capella".
Puis place au match. Après un départ
intéressant,
où Leconte est le premier à breaker pour servir
pour le
gain de la première manche à 5/4, Mats Wilander
se
règle rapidement et il n'y a plus de match ! Le
lauréat
des éditions 1982 et 1985 écrase la finale,
facilité dans son entreprise par Henri qui accumule les
fautes
directes : 7/5 6/2 6/1. Mais le Suédois a
été
impérial, avec un service bien huilé, avec 97% de
premières balles.
Henri Leconte s'est
montré aussi
maladroit dans son jeu que dans
son discours d'après match, au micro du protocole, devant
les
télévisions du monde entier.
"Je veux
remercier le public. J'espère que vous avez un petit peu
compris mon jeu, c'est un jeu difficile".
Puis il parle de ses déboires récents : "Il y a deux mois,
j'étais très loin, et je suis revenu
ici, je ne pensais vraiment pas faire un bon tournoi."
Alors un spectateur le charrie depuis les tribunes : "On va pleurer".
Henri réagit au quart de tour : " On va pleurer, ... et toi tu vas
pleurer aussi ?"
Ce dérapage non contrôlé sera repris
par tous les médias et ne
facilitera certainement pas la relation déjà
tendue que
le joueur français entretient avec le public parisien.

Prix
citron : non
décerné
Prix orange : Andreï Chesnokov
Prix bourgeon : Michael Chang
Steffi Graf
inflige un cinglant 6/0 6/0 à la Russe Natalia Zvereva. La
finale la plus courte de l'histoire du tournoi : 34 minutes.
Nicolas Pereira, un
Vénézuélien, succède
à Perez-Roldan dans l'épreuve des juniors.
Julie Halard la
Française remporte le tournoi juniors.
Andres Gomez
et Emilio Sanchez
s'imposent dans le double.
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