Björn
Borg gagne son sixième Roland-Garros, record
absolu. Il n'est par ailleurs plus qu'à un titre des douze glorieuses de Roy Emerson.
- du 25 mai au 7 juin 1981 -
Borg
arrive à Paris avec un statut de triple tenant du titre, certes,
mais sans avoir convaincu durant son début de saison. Son
dernier succès remonte au Masters 1980, et depuis plus rien.
Rien de bien rassurant ! Sa récente défaite au premier
tour de Monte Carlo confirme cette méforme inquiétante.
Un Roland-Garros plus ouvert que d'habitude donc. John McEnroe, Gene
Mayer et Ivan Lendl nourrissent de réelles ambitions cette
année.
Eliot Teltscher, fou de rage après sa
défaite
contre Nastase, s'en prend violemment à l'arbitre
Patrick
Flodrops : il est persuadé que sa balle est bonne ! 6/2 6/4
7/5. Heureusement, le garde du corps du joueur roumain s'est
interposé à temps, alors que le joueur
américain
tenait Flodrops par la cravate en lui lançant des noms
d'oiseau.
En conférence de presse, il s'excusera en
avançant ue
version pour le moins pittoresque : "J'essayais
simplement de me frayer un chemin à travers la foule pour
quitter le court. Je ne savais pas que l'homme que je poussais
était l'arbitre."
Issu
des qualifications, le Français de 28 ans Paul-Antoine Torre
surprend agréablement avec sa belle victoire sur Paul McNamee :
6/1 6/7 3/0 6/0 7/5.
Vitas
Gerulaitis, le finaliste sortant, est éliminé
d'entrée par Ricardo Ycaza : 4/6 6/2 7/5 7/5. Décevant.
Borg a retrouvé son niveau de l'année
passée, comme le démontre sa rapide victoire sur le
Brésilien Cassio Motta : 6/1 7/5 6/0.
Le Français Torre confirme sa performance du premier tour en terrassant l'Espagnol Angel Gimenez : 6/3 6/4 6/3. Il aura l'honneur d'affronter le roi Borg au prochain tour !
Le
Français Pascal Portes, valeur montante du tennis
français, sombre face à l'expérimenté
Guillermo Vilas : 6/2 6/3 6/0.
Ivan Lendl souffre pour finalement arracher la victoire à l'Equatorien Andrès Gomez : 6/2 3/6 2/6 7/6 6/4.
Pauvre Terry Moor ! L'Américain se
rappellera de sa seule
confrontation avec le mur Borg. Le Suédois l'a
écoeuré, attendant l'avant-dernier jeu pour lui
laisser
marquer quelque chose au tableau d'affichage : 6/0 6/0 6/1.
Le
Paraguayen Victor Pecci retrouve des couleurs en cette année
1981, après une année 1980 noire. Il domine la tête
de série n°4 Gene Mayer, qui certes abandonna
à cause d'un poignet douloureux : 6/4 2/1 ab.
Yannick Noah remporte la plus belle victoire de
sa carrière face à Guillermo Vilas en grande forme : 6/2
6/3 5/7 6/4. Le match a été interrompu par la nuit
alors que Noah menait par deux manches à une. Le Français
y a montré ses
qualités de fair-play, en donnant un point à
Vilas alors que cette balle annoncée d'abord faute par le
juge de chaise lui donnait le break. C'est la première fois en
cinq tentatives que Yannick raisonne le champion argentin. Le voici en
quarts à Roland-Garros !
Lendl et McNamara offrent une superbe confrontation, conclue par
une victoire du Tchécoslovaque à la force du poignet : 6/2 4/6 7/6 7/6.
Les espoirs de Noah s'envolent face à Victor Pecci, le
troisième Sud-Américain qu'il rencontre dans le tournoi
après Gildemeister et Vilas : 3/6 6/4 6/4 6/4.
Lendl
domine McEnroe : 6/4 6/4 7/5. Le double vainqueur de l'US Open a
été sans solution. Ses accrocs avec le corps arbitral
n'ont pas suffi à le remettre en selle. Il a mordu la
poussière de
cette terre ocre qui se montre rebelle à son talent.
Jose Luis
Clerc et Jimmy Connors se livrent un duel épique. Dans la fin du
quatrième set, l'arbitre désavoua son juge de ligne
alors que les joueurs en étaient à 5/5 30A, ce qui mit
Jimbo hors de lui. Déconcentré par cet incident,
l'Américain "balança" la dernière manche. C'est
donc le vainqueur de Rome qui termine en vainqueur : 4/6 6/2 4/6 7/5
6/0. Connors, assagi ces derniers temps, précisa à qui
voulait l'entendre qu'il s'était cette fois
maîtrisé : "Auparavant,
j'aurais tout fait pour que l'arbitre soit exclu du terrain, j'aurais
même secoué sa chaise. Mais je me suis calmé et je
me suis dit que mon fils pouvait regarder la télévision".
6/4 6/4 7/5. Borg domine Victor Pecci en
trois manches, certes, mais le Paraguayen a tenté de belles
choses dans ce match, qui par certains côtés, a
rappelé la somptueuse finale de 1979.
Lendl,
après avoir dû
effacer une balle de match en claquant un service gagnant à 6/5
dans le tie break du quatrième set, finit par vaincre au bout de
4 heures et 24 minutes l'Argentin Jose Luis
Clerc : 3/6 6/4 4/6 7/6 6/2.
Borg
apparaît comme le grand favori pour se succéder une
nouvelle fois à lui-même. Lendl a certes montré de
très belles choses dans ce tournoi jusqu'à la finale,
mais cette fois c'est le maître des lieux qui doit lui donner la
réplique.
Une
lutte acharnée du fond du court proposa aux spectateurs
du central des échanges aussi longs que monotones. Puis le
Suédois à partir du deuxième set prit le filet
d'assaut pour venir écourter ces joutes qui semblaient
interminables. Un risque que Borg paya cash car Lendl n'est pas
maladroit dans ses ajustements de passing-shots. Il recolle à
une manche partout.
Arme de son redoutable coup droit; Ivan
Lendl va donner du fil à retordre
à Björn Borg pendant cinq sets. Le niveau de la finale
atteint des sommets dans la troisème et surtout la
quatrième manche - inespérés après le
spectacle ennuyant de la première. Le quintuple lauréat
finit tout de même par
s'imposer une sixième fois après 3 heures et 13 minutes
de combat.
Sans doute la
finale à Paris la plus difficile à gagner pour le
roi de
la terre battue : 6/1 4/6 6/2 3/6 6/1.