Tony ROCHE

Australie - gaucher

Né le 17 mai 1945 à Wagga Wagga (Nouvelle-Galles-du-Sud).



Si on peut se permettre une comparaison avec le cyclisme, Tony méritait mieux que quiconque d'être surnommé le "Poulidor" du tennis : un titre en Grand Chelem pour six finales disputées.


Palmarès :
1 Roland Garros chez les amateurs
- 3 titres chez les professionnels avant l'ère open
- 12 titres sous l'ère open

5 fois vainqueur de la coupe Davis




Son meilleur classement :
n°8 mondial le 16 novembre 1975
Mais les experts le considéraient comme un incontestable n°2 mondial en 1969, alors qu'encore aucun classement officiel n'existait.



Carrière (1963-1979)

C'est en 1965 que Roche atteint sa première finale en Grand Chelem aux Internationaux de France. Il est alors défait par Fred Stolle. Remplaçant pour affronter la sélection américaine dans le challenge round de 1964, il n'avait pas joué. Mais il remporte en septembre 1965 une deuxième coupe Davis, sur le terrain cette fois - il remporte le double avec Newcombe - dans le challenge round contre l'Espagne. 

Au plus fort de sa carrière, Roche a dû composer avec le reste de la très dense armada australienne, dans laquelle figuraient des ténors comme Roy Emerson, Fred Stolle, et surtout Ken Rosewall, Rod Laver et John Newcombe. Il n'était pas simple de se faire un nom au milieu de ce beau monde ! La modestie du palmarès de Tony Roche doit donc être relativisée à la lumière du (très haut) niveau de cette génération dorée. Ce n'est pas en tous cas son passage chez les pros qui pourrait donner à Tony Roche des "circonstances atténuantes", puisque le natif de Wagga Wagga signa ses premiers contrats avec la WCT en 1968, l'année même où les joueurs professionnels furent enfin admis dans les tableaux des Grands Chelems.

Dans ce contexte concurrentiel particulièrement relevé, Tony a disputé la finale de Roland Garros trois années de suite entre 1965 et 1967, remportant l'édition 1966. Ce sera son seul sacre dans un tournoi majeur, et il apparaît paradoxal que ce soit sur terre battue alors que le jeu de service-volée de Tony s'adapte évidemment mieux aux surfaces plus rapides des autres Grands Chelems. Le gaucher disputera encore trois autres finales, à Wimbledon en 1968 (victoire sur Rosewall en huitièmes), puis à l'US Open en 1969 (où il domine Gonzales et Newcombe) et en 1970, mais les perdra toutes.

S'il échoua souvent sur la dernière marche en simple, Roche fut autrement plus prolifique en double, au point d'être considéré comme l'un des meilleurs joueurs de tous les temps dans cette discipline. Ainsi, il fut très souvent sollicité pour défendre les couleurs nationales, et avec raison, puisqu'il apportait chaque année des points précieux à l"équipe de coupe Davis.  Il a par ailleurs remporté 13 titres du Grand Chelem, dont 12 avec son grand ami John Newcombe et le dernier avec Arthur Ashe : 5 fois Wimbledon (1965, 1968, 1969, 1970, 1974), 2 fois Roland Garros (1967, 1969), 1 fois Forest Hills (1967), et 5 fois l'Australie (1965, 1967, 1971, 1976, janv. 1977).

En 1969, l'année du seul "Grand Chelem" réussi dans l'ère open, Tony est le meilleur joueur du monde ... derrière Rod Laver. C'est d'ailleurs lui la 26ème et dernière victime du rouquin, qui paracheva là une saison en tous points parfaite dans les tournois majeurs. Roche aura été particulièrement inspiré dans les grands rendez-vous, atteignant au moins les demi-finales dans chacune des quatre levées du Grand Chelem.

Tombeur de Rosewall et Okker, il atteint les demi-finales de Wimbledon en 1975, ce qui sera sa dernière apparition à ce niveau dans un tournoi de cette importance. Il dispute alors un match très accroché face à Ashe qui s'imposera 5/7 6/4 7/5 8/9 6/4 pour aller plus tard chercher le trophée.

Tony remporta cinq fois le Saladier d'argent, dont quatre consécutivement entre 1964 et 1967. Devenu professionnel en 1968, la coupe Davis lui fut interdite jusqu'en 1972. En 1977, Tony Roche frappe le dernier grand coup de sa carrière avec une cinquième coupe Davis remportée à Sydney grâce à sa victoire sur Adriano Panatta, qui espérait bien permettre à l'Italie de conserver le titre. L'exploit est d'autant plus incroyable que le vétéran désormais âgé de 32 ans n'avait jusqu'alors jamais gagné de match en simple dans cette compétition !



Reconversion :




Tony avait la cote sur le marché des coachs. Des joueurs prestigieux s'attachèrent ses précieux services,
Ivan Lendl pour développer le service-volée, Roger Federer dans le but d'améliorer le jeu sur terre battue. Tony s'occupa aussi des joueurs australiens Pat Rafter (1997-2001) et Lleyton Hewitt (à partir de 2007).



Son entraîneur :
Harry Hopman



Ses 12 titres dans l'ère open :

Sydney 1969 Auckland 1969 Hambourg 1969 Tucson 1969 Miami 1969

Oakland 1969Gstaad 1970Boston 1970Washington 1972Charlotte 1976

Sydney 1976Queen's 1978